Une porte de ville devenue symbole
Le Castillet est né à la fin du XIVᵉ siècle, vers 1368, à l'époque où Perpignan est une place forte de la Couronne d'Aragon. Il n'est alors pas un monument, mais un ouvrage militaire : une porte fortifiée intégrée aux remparts, chargée de contrôler l'entrée nord de la ville.
Sa matière fait tout son caractère. Contrairement aux forteresses de pierre du reste de la France, le Castillet est bâti en brique, comme une grande partie du bâti roussillonnais et catalan. Cette brique lui donne sa couleur chaude, presque rose au soleil couchant, que les Perpignanais reconnaîtraient entre mille.
Au XVᵉ siècle, l'ouvrage est agrandi : une seconde porte, dite porte Notre-Dame, vient le compléter et lui donne sa silhouette actuelle, avec ses deux corps de bâtiment accolés. Créneaux, mâchicoulis, échauguettes, campanile en fer forgé au sommet : tout ce que l'on voit aujourd'hui raconte encore sa fonction défensive.
De la prison au monument
Après le rattachement du Roussillon à la France au XVIIᵉ siècle, le Castillet perd peu à peu son rôle militaire de première ligne et devient une prison. Il le restera longtemps, et cette fonction a marqué la mémoire locale : plusieurs figures de l'histoire catalane et roussillonnaise y ont été enfermées, et le bâtiment a gardé de cette période une charge symbolique forte.
Son salut viendra d'un choix collectif. Au début du XXᵉ siècle, Perpignan démantèle ses remparts pour se développer, comme beaucoup de villes fortifiées à la même époque. Le Castillet, lui, est conservé. Aujourd'hui, il se dresse seul, sans la muraille dont il faisait partie, d'où cette impression magnifique de porte qui n'ouvre plus sur rien, sinon sur le centre historique.
Protégé au titre des monuments historiques, il est devenu ce qu'il est aujourd'hui : le logo officieux de la ville, celui qu'on retrouve sur les affiches, les maillots, les enseignes et les cartes postales.
La Casa Pairal : la mémoire catalane à l'intérieur
Le Castillet ne se contente pas d'être beau de l'extérieur. Il abrite la Casa Pairal, le musée des arts et traditions populaires catalanes de Perpignan. Le nom lui-même est un programme : en catalan, la casa pairal désigne la maison de famille, celle des racines.
Les collections racontent la vie quotidienne du Roussillon et de la Catalogne du Nord : mobilier, costumes, objets de métier, outils agricoles, céramiques, art religieux populaire, témoignages des fêtes et des rites. On y comprend ce qui distingue cette région du reste de la France, la langue, les traditions, la sardane, le rapport à la terre et à la mer.
La visite se fait en montant d'un niveau à l'autre, dans les salles voûtées de l'ancienne porte. Le parcours a ceci d'agréable qu'il mêle deux plaisirs : la découverte des collections et celle de l'architecture intérieure du monument, escaliers compris.
La montée et le panorama
C'est la récompense de la visite. En haut du Castillet, la terrasse offre l'un des plus beaux points de vue de Perpignan.
D'un côté, les toits du centre historique : un océan de tuiles rondes, des clochers, des façades ocre et rose, et la silhouette de la cathédrale Saint-Jean-Baptiste. De l'autre, au-delà de la ville, la plaine du Roussillon et surtout le Canigou, la montagne sacrée des Catalans, qui domine l'horizon et se couvre de neige une bonne partie de l'année. Par temps clair, la vue porte loin, jusqu'aux reliefs des Albères et vers la mer.
Un détail qui compte : l'accès à la terrasse se fait par des escaliers anciens, étroits et parfois raides, comme dans tout monument de cette époque. La montée est courte mais bien réelle. Évitez le milieu de journée en plein été : la terrasse est exposée et il n'y a pas d'ombre.
Pour la photo, la fin d'après-midi est le meilleur moment : la lumière rasante fait ressortir la brique et les toits.
Ce qu'on découvre autour
Le Castillet est le point de départ idéal d'une balade dans Perpignan, parce que tout part de lui.
La place de Verdun
Juste au pied du monument, cette grande place bordée de terrasses est l'un des lieux de rendez-vous des Perpignanais. C'est aussi le meilleur endroit pour photographier le Castillet en entier.
La Basse et ses berges
La rivière traverse le centre à quelques pas du monument. Ses berges fleuries et ses ponts offrent une promenade courte et ombragée, très agréable en fin de journée.
La Promenade des Platanes
Toute proche, cette allée d'arbres majestueux accueille régulièrement fêtes foraines, brocantes et manifestations. Un vrai morceau de vie perpignanaise.
Le centre historique
En franchissant le Castillet, vous entrez directement dans le vieux Perpignan : la place de la Loge, la place Arago, la cathédrale Saint-Jean-Baptiste, le musée Hyacinthe Rigaud et, plus haut, le Palais des Rois de Majorque.
Les marchés et les places
La place de la République et la place Cassanyes, toutes deux à quelques minutes à pied, permettent d'enchaîner la visite du monument avec l'ambiance des marchés perpignanais.
Conseils de visite
Quelques repères pour organiser votre passage au Castillet.
Vérifiez horaires et tarifs avant de venir
Les jours et heures d'ouverture, les tarifs et les conditions d'accès particulières varient selon les saisons et les périodes de l'année. Renseignez-vous directement auprès du site ou des services de la Ville de Perpignan avant de vous déplacer.
Comptez environ une heure
Une heure suffit pour parcourir les collections de la Casa Pairal et monter à la terrasse sans se presser.
Anticipez les escaliers
La visite se déroule sur plusieurs niveaux reliés par des escaliers anciens, étroits et raides. L'accès n'est pas adapté à tous les profils : renseignez-vous en amont si vous venez avec une poussette, un fauteuil ou des difficultés de mobilité.
Évitez les heures les plus chaudes
En été, préférez le matin ou la fin d'après-midi. La terrasse n'offre pas d'ombre, et la montée se fait beaucoup mieux quand la chaleur retombe.
Combinez avec les autres sites
Le Castillet, le Palais des Rois de Majorque, la cathédrale et le musée Hyacinthe Rigaud se rejoignent tous à pied en quelques minutes. Une demi-journée permet de faire le tour de l'essentiel du patrimoine perpignanais.


