Le nord : plat, sableux, accessible à tous
De Canet-en-Roussillon jusqu'au Barcarès, la côte est basse et rectiligne. Le sentier suit les plages, les cordons dunaires et les étangs, presque toujours au niveau de la mer. Il n'y a pratiquement pas de dénivelé.
C'est la section à choisir avec de jeunes enfants, avec une poussette tout-terrain, ou pour une sortie où l'on veut marcher sans transpirer. Les accès sont nombreux, les parkings fréquents, et l'on peut s'arrêter à peu près n'importe où pour se baigner.
La contrepartie est l'exposition. Il n'y a presque aucune ombre, et le vent, ici, ne se discute pas : la tramontane balaie régulièrement cette portion et transforme une promenade tranquille en séance de sablage. Un coup d'œil aux prévisions de vent vaut mieux qu'un coup d'œil au thermomètre.
Le sud : la Côte Vermeille, escaliers et criques
À partir d'Argelès-sur-Mer, la montagne rejoint la mer et tout change. Le sentier grimpe, redescend, s'accroche à la falaise, franchit des passages sur roche et enchaîne les escaliers.
Collioure, Port-Vendres, Banyuls et Cerbère se relient ainsi par un itinéraire spectaculaire, avec des vues sur des criques inaccessibles autrement. C'est la portion la plus photographiée du département, et la plus exigeante physiquement.
Prévoyez de vraies chaussures, de l'eau en quantité et une marge horaire confortable : les temps de parcours annoncés supposent une marche continue, ce que personne ne fait ici tant on s'arrête pour regarder. Certains tronçons ferment temporairement après des tempêtes ou des éboulements, et cette information ne circule pas toujours en ligne.
Quatre sections selon ce que vous cherchez
Voici comment se répartissent les usages, du plus accessible au plus engagé.
- Canet au Barcarès, la promenade familialePlat, large, avec des services tout au long. On y va pour marcher une heure ou deux sans contrainte, avec la possibilité de se baigner ou de s'arrêter en terrasse. C'est aussi la section la plus praticable hors saison, quand les plages sont vides.
- Argelès à Collioure, la transitionLe sentier commence à s'élever sans devenir difficile. Bon compromis pour découvrir la Côte Vermeille avec des adolescents ou des marcheurs occasionnels. L'arrivée sur Collioure par le sentier reste l'un des grands moments de la côte.
- Collioure à Port-Vendres, la carte postaleCourte, très fréquentée, magnifique. Le dénivelé est réel mais la distance modeste, ce qui en fait la section la plus accessible du secteur spectaculaire. À faire tôt le matin en été : elle sature à partir de dix heures.
- Banyuls à Cerbère, la plus sauvagePeu d'aménagements, peu de monde, des vues dégagées jusqu'à l'Espagne. Réservée aux marcheurs équipés et autonomes en eau. C'est ici que la notion de sentier des douaniers reprend tout son sens.
Y aller depuis Perpignan sans voiture
Le train longe la côte et dessert Argelès, Collioure, Port-Vendres, Banyuls et Cerbère depuis la gare de Perpignan. C'est de loin la meilleure façon d'aborder la Côte Vermeille : vous partez d'une gare, vous marchez dans un sens, et vous rentrez en train depuis la gare suivante, sans avoir à revenir chercher un véhicule.
Le réseau de cars du département dessert également le littoral à tarif réduit, ce qui ouvre les sections nord peu ou pas desservies par le rail. Les fréquences sont plus élevées en été qu'en hiver.
En voiture, comptez une trentaine de minutes pour les plages nord et une quarantaine pour Collioure, hors saison. En juillet et août, ajoutez le temps de trouver une place : les parkings de Collioure et de Banyuls sont saturés dès la fin de matinée, et les abords sont réglementés.
La bonne saison, et l'heure qui va avec
Le printemps et l'automne sont les meilleures périodes, sans hésitation. Les températures permettent de marcher longtemps, la lumière est basse et chaude, et les sentiers sont libres. Les mois d'avril, mai, septembre et octobre concentrent l'essentiel des bonnes conditions.
L'été demande de l'organisation. Sur la Côte Vermeille, l'ombre est rare et la roche renvoie la chaleur : partez au lever du jour ou en fin d'après-midi, jamais entre onze et seize heures. L'eau que vous emportez ne sera pas de trop, et il n'y a pas de point de ravitaillement entre les villages.
L'hiver réserve de belles surprises par temps calme, avec une visibilité exceptionnelle et parfois les sommets enneigés du Canigou en toile de fond. Les jours de tramontane, en revanche, les sections exposées deviennent franchement désagréables et les passages en surplomb peuvent devenir dangereux.





