🏰 Histoire & patrimoine

Le musée Rigaud : le guide de visite

Publié le 8 septembre 2026 · Par Pour Notre Ville, la plateforme citoyenne de Perpignan

Installé dans deux hôtels particuliers du centre historique, le musée d'art Hyacinthe Rigaud est le principal musée de Perpignan et l'un des plus beaux de la région. On y traverse six siècles de création, du retable gothique catalan aux toiles de Picasso, dans un parcours qui tient en une heure et demie sans jamais lasser. Voici ce qu'il faut savoir avant d'y aller, et comment en tirer le meilleur.

⚡ La réponse rapide

Le musée d'art Hyacinthe Rigaud se situe en plein centre historique de Perpignan, dans un ensemble formé par l'hôtel de Lazerme et l'hôtel de Mailly, reliés par une extension contemporaine après une importante rénovation. Il présente une collection permanente organisée autour de trois grands ensembles : l'art gothique catalan, la peinture ancienne dont les portraits d'Hyacinthe Rigaud, peintre né à Perpignan et portraitiste de Louis XIV, et l'art moderne avec des œuvres liées à Picasso, Dufy, Maillol ou Cocteau. Il programme chaque année des expositions temporaires d'ampleur. Comptez une heure trente à deux heures de visite.

Un musée dans deux hôtels particuliers

Le premier intérêt du musée Rigaud, c'est le lieu lui-même. Le parcours occupe deux demeures anciennes du cœur de ville, l'hôtel de Lazerme et l'hôtel de Mailly, réunies par une construction contemporaine. On passe donc d'escaliers de pierre et de patios en enfilades de salles claires, ce qui rend la visite bien plus vivante qu'un bâtiment muséal classique.

Ce choix architectural raconte aussi l'histoire de Perpignan. Ces hôtels particuliers témoignent d'une ville qui fut capitale continentale du royaume de Majorque, puis place forte du royaume d'Aragon avant son rattachement à la France au dix-septième siècle. En les visitant, vous parcourez en réalité deux récits en parallèle : celui de la collection et celui du bâti.

Une anecdote mérite d'être connue avant d'entrer : dans les années cinquante, Pablo Picasso a séjourné à plusieurs reprises dans l'hôtel de Lazerme, invité par la famille qui l'occupait alors. Perpignan a ainsi accueilli une partie de son cercle, et cette proximité explique une part des liens du musée avec la création moderne. Cette histoire donne au lieu une épaisseur particulière : on ne visite pas seulement des salles d'exposition, on entre dans une maison qui a réellement compté dans la vie artistique du vingtième siècle.

Le musée a rouvert au public après une rénovation d'ampleur qui a permis de doubler les surfaces d'exposition et de moderniser entièrement la scénographie. C'est aujourd'hui un équipement confortable, lumineux, avec des espaces adaptés aux expositions temporaires importantes.

Qui était Hyacinthe Rigaud ?

Le musée porte le nom du plus célèbre peintre né à Perpignan. Hyacinthe Rigaud, actif à la fin du dix-septième siècle et dans la première moitié du dix-huitième, s'est imposé à Paris comme le portraitiste de la haute société et de la cour. On lui doit notamment le portrait officiel de Louis XIV en costume de sacre, l'une des images les plus reproduites de l'histoire de la peinture française.

Ce rattachement local n'est pas anecdotique. Rigaud est né dans une famille de tailleurs et de doreurs perpignanais, à une période où la ville venait de basculer dans le royaume de France. Sa carrière raconte le passage d'une culture catalane vers l'orbite parisienne, ce qui en fait un personnage emblématique de l'histoire de la ville.

Le musée conserve et présente des œuvres qui permettent de comprendre son art du portrait : la construction du personnage, le rendu des étoffes, la mise en scène du pouvoir et du statut social. Même pour un visiteur peu familier de la peinture ancienne, l'exercice est fascinant, parce qu'il s'agit exactement de ce que fait aujourd'hui une photographie officielle ou une image de communication.

Autour de lui, la section de peinture ancienne permet de replacer son travail dans le contexte européen de son époque, avec les échanges entre l'Espagne, la Catalogne et la France dont Perpignan a toujours été un point de passage.

Les grands ensembles de la collection

Le parcours permanent s'organise autour de plusieurs ensembles cohérents. Voici ce que vous y verrez et pourquoi chacun mérite du temps.

  • L'art gothique catalan

    C'est l'un des points forts du musée et l'un des plus rares en France. Retables, panneaux peints et sculptures issus des églises du Roussillon composent un ensemble qui raconte l'art religieux catalan médiéval, avec ses fonds dorés et sa manière très reconnaissable de traiter les visages. Prenez le temps de lire les cartels : ces œuvres viennent souvent de villages du département que vous connaissez peut-être déjà.

  • La peinture ancienne et Hyacinthe Rigaud

    Portraits, peinture religieuse et scènes de genre du dix-septième et du dix-huitième siècle, avec l'œuvre de Rigaud comme point d'orgue. C'est la partie la plus classique du parcours, et la plus utile pour comprendre le statut de la ville à cette période charnière de son histoire.

  • Le dix-neuvième siècle et les peintres du Roussillon

    La lumière du pays catalan a attiré et formé de nombreux artistes. Cette section met en valeur des peintres régionaux dont le travail annonce l'explosion coloriste du début du vingtième siècle sur cette côte, notamment autour de Collioure, devenue un lieu de pèlerinage pour les amateurs de peinture moderne.

  • L'art moderne

    C'est la partie qui surprend le plus les visiteurs de passage. Œuvres et documents liés à Picasso, présence de Raoul Dufy qui séjourna à Perpignan, sculptures et dessins évoquant Aristide Maillol, natif de Banyuls-sur-Mer, ou encore Jean Cocteau. Le musée donne à voir un moment où le Roussillon fut un vrai carrefour de la création européenne.

  • Les expositions temporaires

    Le musée programme chaque année des expositions d'envergure, souvent construites autour d'un artiste majeur ou d'un thème lié à l'histoire de la région. Elles attirent un public bien au-delà du département et justifient à elles seules plusieurs visites dans l'année. Consultez la programmation en cours avant de venir, elle conditionne la durée de la visite et parfois le tarif d'entrée.

Préparer votre visite

Le musée se situe dans le secteur piéton du centre historique, à quelques minutes à pied de la place de la Loge, de la place Arago et du Castillet. Venez à pied : chercher une place au plus près n'a aucun intérêt, mieux vaut stationner en périphérie du centre ou dans un parking en ouvrage et finir la marche.

Comptez une heure trente pour le parcours permanent, deux heures si une exposition temporaire est en cours, davantage si vous prenez le temps de lire les cartels. C'est un format qui tient bien dans une matinée ou une après-midi, et qui laisse le temps d'enchaîner sur une autre visite dans le centre.

Côté horaires et tarifs, la prudence s'impose : les jours et amplitudes d'ouverture varient selon la saison, le musée a un jour de fermeture hebdomadaire, et les tarifs comme les conditions de gratuité évoluent. Le réflexe est de consulter le site officiel du musée ou de l'office de tourisme avant de vous déplacer. Sachez toutefois que des dispositifs de gratuité ou de réduction existent en général pour les jeunes, les étudiants, les demandeurs d'emploi et les personnes en situation de handicap, et que des rendez-vous nationaux comme la nuit européenne des musées ou les journées européennes du patrimoine donnent lieu chaque année à des ouvertures particulières.

Avec des enfants, la visite passe bien à partir de six ou sept ans, à condition de la découper : choisissez deux ou trois salles plutôt que le parcours complet, et transformez la visite en jeu d'observation. Le musée propose régulièrement des ateliers et des visites en famille pendant les vacances scolaires, renseignez-vous en amont car les places sont limitées.

Dernier conseil de saison : en juillet et en août, la fraîcheur des salles est un argument à part entière. C'est l'une des meilleures sorties de milieu de journée quand la plaine du Roussillon dépasse les trente-cinq degrés, tout comme les jours de pluie où le centre-ville manque d'options couvertes.

Prolonger la visite dans le centre historique

Le musée est au cœur d'un périmètre qui concentre l'essentiel du patrimoine perpignanais, et tout se fait à pied en moins de dix minutes.

À deux pas, la place de la Loge et la Loge de Mer forment le décor civil le plus emblématique de la ville. En continuant, la cathédrale Saint-Jean-Baptiste et le Campo Santo, cloître-cimetière gothique unique en France, offrent un contraste saisissant avec les salles du musée : on passe des œuvres déposées à leur contexte d'origine.

Le Castillet, avec son musée des arts et traditions populaires catalanes, complète parfaitement la matinée pour qui veut comprendre la culture locale au-delà des beaux-arts. Un peu plus loin, en montant vers le sud de la ville, le Palais des rois de Majorque déploie sa citadelle et ses salles gothiques, et raconte l'épisode fondateur de l'histoire perpignanaise.

Pour la pause, les places du centre et les ruelles alentour concentrent cafés, salons de thé et restaurants. Un déjeuner en terrasse sur l'une des grandes places, puis une visite au frais l'après-midi, constitue le programme le plus efficace pour une journée en ville. Les adresses recommandées et votées par les habitants sont recensées dans l'annuaire de Pour Notre Ville, filtrable par quartier et par type de cuisine.

Les adresses. Recommandées par les habitants.

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