📜Un peu d'histoire
Saint-Assiscle doit son nom à un martyr espagnol décapité à Cordoue vers 304 sous Dioclétien, dont le culte s'est diffusé depuis l'Hispanie jusqu'aux Pyrénées-Orientales. L'histoire moderne du quartier est indissociable du chemin de fer : la première gare de Perpignan ouvre en 1858, et c'est elle qui amorce l'urbanisation d'un secteur jusque-là enclavé entre les fortifications militaires et la voie ferrée. Le démantèlement de ces fortifications en 1901 libère le foncier et permet au quartier de s'étendre. Saint-Assiscle se développe alors comme un faubourg cheminot, fait de barres d'immeubles à taille humaine, de maisons individuelles aux petits jardins et de rues parfois très étroites. C'est dans cette gare que Salvador Dalí prononce le 19 septembre 1963 sa célèbre formule : « La gare de Perpignan est le centre du monde » (en catalan, « el centre del món »), une déclaration mi-sérieuse mi-loufoque qui restera attachée à la ville et lui inspirera en 1965 le grand tableau « La Gare de Perpignan », aujourd'hui conservé au musée Ludwig de Cologne. À partir de 1994, la ville lance une vaste opération d'aménagement urbain de 35 hectares pour transformer le quartier en porte d'entrée moderne de l'agglomération. Le bâtiment de verre de la communauté d'agglomération, signé Dominique Perrault, est achevé en 2009, suivi en novembre 2010 par l'ouverture de la gare TGV, dessinée par le cabinet barcelonais L35 et construite par les entreprises Sacresa et Metrovacesa. Le complexe multi-usage « El Centre del Món » intègre directement la gare et un grand centre commercial. En janvier 2015, le quartier reçoit le label « Patrimoine du XXe siècle » par décret préfectoral. Saint-Assiscle reste cependant un quartier prioritaire de la politique de la ville : avec 3 689 habitants sur 35 hectares en 2018, il affichait alors un taux de pauvreté de 46 %, ce qui explique les efforts de rénovation urbaine en cours.
