📜Un peu d'histoire
Saint-Jacques est l'un des plus anciens quartiers de Perpignan, construit ex-nihilo à partir de 1240 sur d'anciens terrains agricoles situés au-delà des dernières constructions de la ville. Sa naissance s'inscrit dans la politique dynamique et expansionniste de Jacques Ier le Conquérant. Comme souvent à l'époque, on commença par bâtir l'église, l'église Saint-Jacques qui subsiste encore sous sa forme d'origine, puis on traça les rues longues et étroites menant à la place du Puig. Le bas du quartier constitua le quartier juif de Perpignan jusqu'en 1493. Aucune trace tangible de cette présence n'est aujourd'hui visible, à l'exception notable d'une citerne du couvent des Minimes, qui pourrait avoir été un ancien mikvé (bain rituel juif). Le quartier était alors habité par des potiers, des jardiniers et des tisserands, métiers emblématiques de la ville : le nom des jardins Saint-Jacques, à l'est de Perpignan, fait d'ailleurs référence à ce quartier. En 1575, le couvent des Minimes fut construit sur l'emplacement de l'ancien quartier juif ; son chantier dura 80 ans. La population gitane commença à se sédentariser dans le quartier dès le XVe siècle, mais de manière limitée, car il s'agissait de communautés itinérantes. La véritable sédentarisation au centre de Perpignan se produisit entre 1936 et 1940, et perdure de manière stable. Aujourd'hui, Saint-Jacques reste l'un des quartiers les plus pauvres de la ville : sur environ 800 bâtiments, près de 70 % sont considérés comme insalubres, et la municipalité détruit les îlots les plus dégradés au fil des possibilités.
